Le Dossier Hebdo · Édition du 2 novembre 2026

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Mobilisations sociales — commerces, restauration et hôtellerie

Manifestations : les dégradations reculent, mais l’activité reste perturbée dans les centres-villes

Après les pillages des 17 et 24 octobre, les dégradations ont nettement reculé lors de la mobilisation du 31 octobre. L’activité reste toutefois très perturbée : le chiffre d’affaires des commerces de centre-ville a reculé jusqu’à 80 % certains samedis, tandis que les réservations des bars et restaurants ont chuté jusqu’à 43 % dans plusieurs villes.

Les mobilisations des 17, 24 et 31 octobre ont produit des effets très différents selon les dates. CCI France a recensé 2 488 commerces touchés le 17 octobre, 50 le 24 et 20 le 31. Après les deux premiers samedis, 1 161 commerces étaient considérés comme fortement dégradés, c’est-à-dire pillés, saccagés ou incendiés. À Marseille et dans sa métropole, 527 commerces ont été touchés, dont 331 sinistrés et 128 intégralement pillés. Dans la zone Lyon-Saint-Étienne-Roanne, 307 commerces ont été dégradés.

La baisse des violences n’a pas suffi à rétablir l’activité. CCI France estime que le chiffre d’affaires des commerces de centre-ville a reculé de 80 % les samedis de manifestation. Les réservations des bars et restaurants ont baissé jusqu’à 43 % dans certaines villes, tandis que des hôtels parisiens ont enregistré une baisse de 40 % de leur taux d’occupation selon une autre donnée. Le gouvernement a annoncé une aide directe pouvant atteindre 10 000 euros pour les entreprises de moins de 50 salariés réalisant moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Il a également indiqué vouloir faciliter les ouvertures dominicales jusqu’à Noël, sur décision des maires et des préfets et avec le volontariat des salariés.

Bars, restaurants et hôtels voient leurs réservations chuter dans plusieurs villes

Les établissements de restauration ont subi l’évitement des centres-villes les samedis de mobilisation. Selon Privateaser, les réservations dans les bars et restaurants ont reculé jusqu’à 43 % dans certaines villes. À Lyon, une restauratrice disait avoir perdu 30 % de son chiffre d’affaires et ne plus avoir de réservations le samedi. À Toulouse, les professionnels ont aussi fait état d’un centre-ville bouclé et d’une consommation en berne lors de la mobilisation du 31 octobre.

L’hôtellerie a été touchée par un mouvement comparable. À Paris, Franck Delvau, président de l’UMIH, a évoqué 20 % d’annulations de touristes étrangers. France 24 a de son côté rapporté une baisse de 40 % du taux d’occupation dans certains hôtels de la capitale. À Toulouse, les professionnels du tourisme ont évoqué un taux d’annulation de 75 %, sans qu’un bilan global de la ville soit établi.

Les aides annoncées peuvent atteindre 10 000 euros pour certaines petites entreprises

Le ministre du Commerce Serge Papin a annoncé une aide directe pouvant atteindre 10 000 euros pour les entreprises touchées par les violences des 17 et 24 octobre. Le dispositif vise les entreprises de moins de 50 salariés dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 10 millions d’euros. Un prêt à taux zéro de Bpifrance et des mesures de chômage partiel ont également été annoncés.

En Île-de-France, la région a prévu 10 millions d’euros et la mairie de Paris 3 millions, dans un fonds d’urgence complété par la CCI. Les commerces les plus touchés pourront recevoir jusqu’à 11 000 euros en additionnant ces aides. À Marseille, un fonds local a recueilli 12 millions d’euros auprès de collectivités et d’entreprises. Les montants et les périmètres diffèrent toutefois selon les bénéficiaires et selon que la fermeture est liée à des dégâts matériels ou à des impératifs de sécurité.

Les ouvertures dominicales sont facilitées jusqu’à Noël

Après plusieurs samedis amputés, l’Alliance du commerce a demandé des autorisations exceptionnelles d’ouverture le dimanche pour récupérer une partie du chiffre d’affaires perdu. Le gouvernement s’est dit favorable à cette possibilité jusqu’à Noël. Maud Bregeon a annoncé que maires et préfets seraient encouragés à la faciliter, tandis que le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a donné un accord de principe, avec un fonctionnement fondé sur le volontariat des salariés.

La mesure est déjà appliquée localement. La préfecture de Seine-Maritime a autorisé les commerces de Rouen et du Havre à ouvrir les 1er et 8 novembre. À Lyon, la mairie a prolongé les terrasses saisonnières jusqu’au 30 novembre, une mesure annoncée comme concernant 1 800 professionnels. Des commerçants ont cependant jugé l’ouverture dominicale difficile à mettre en œuvre, notamment faute de moyens humains ou parce que la fréquentation attendue reste incertaine.

Le 31 octobre, les dégradations reculent sans rétablir l’activité

Le troisième samedi de mobilisation a été moins destructeur que les précédents. CCI France a comptabilisé 20 commerces dégradés le 31 octobre, contre 2 488 le 17 octobre et 50 le 24. À Nice, la plupart des commerces de l’avenue Jean-Médecin sont restés ouverts, mais l’artère était loin d’être remplie. À Nîmes, les commerces ont également pu ouvrir dans un centre-ville où le dispositif de sécurité a été jugé efficace.

Cette amélioration n’a pas effacé les pertes d’activité. Des vitrines sont restées barricadées à Toulouse, Chambéry et Clermont-Ferrand, tandis que des commerçants ont continué à fermer par précaution ou à vider leurs boutiques. À Paris, 650 magasins n’avaient toujours pas repris leur activité au 31 octobre, selon Les Entrepreneurs. Les parcours éloignés des centres-villes ont réduit le risque de dégradation, sans faire revenir automatiquement les clients.

Après plusieurs semaines, des commerçants décrivent leur épuisement

Aux dégâts matériels et aux pertes de chiffre d’affaires s’ajoute une fatigue après plusieurs semaines de mobilisation. Des commerçants de Lille, Marseille et Tours ont décrit leur peur, leurs troubles du sommeil ou la crainte de ne pas pouvoir maintenir leur activité. À Marseille, la CCI a indiqué que certains professionnels pillés à deux reprises hésitaient à rester.

Des cellules de soutien psychologique ont été déployées dans certaines villes, notamment avec l’appui de dispositifs existants comme Apesa. CCI France affirme que plusieurs chambres de commerce ont intégré cet accompagnement à leurs dispositifs de crise. La question de la viabilité de certains établissements pourrait se poser plus nettement au moment des indemnisations et de la reconstitution des stocks.

Points métiers - RestOptima

  • La baisse des dégradations ne signifie pas un retour immédiat de l’activité : un établissement peut rester ouvert tout en enregistrant moins de réservations, moins de clients ou des annulations liées à l’évitement du centre-ville.
  • Les aides annoncées ne couvrent pas le même type de préjudice selon les dispositifs : dégâts matériels, équipements de sécurité, fermeture temporaire et perte de chiffre d’affaires relèvent de périmètres différents.
  • Une ouverture dominicale peut compenser une partie d’un samedi perdu, mais elle ne recrée pas automatiquement la fréquentation lorsque les clients continuent d’éviter les zones concernées.
LES SOURCES202 sources · 36 médias

Franceinfo

BFMTV

RMC

Le Progrès

Le Dauphiné Libéré

L’Est Républicain

La Montagne

France Bleu

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Le Monde

Le Figaro

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La Nouvelle République

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La Libre

Le JDD

La Nación Argentina

El País

El Tiempo

France 24

The New York Times

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