Le Dossier Hebdo · Édition du 2 novembre 2026
Retour au DossierPorts et transport de marchandises
La grève des dockers perturbe les ports français pendant 24 heures
À l’appel de la Fédération nationale des ports et docks CGT, les dockers français ont cessé le travail vendredi 30 octobre, dans le cadre d’une mobilisation européenne. Le syndicat conteste la militarisation des infrastructures portuaires et plusieurs orientations du projet de budget du gouvernement, tout en réclamant des hausses de salaires.
La grève, prévue pour 24 heures, a interrompu les opérations de chargement et de déchargement dans une grande partie des ports français vendredi 30 octobre. Tony Hautbois, secrétaire général de la CGT des dockers, a estimé que les ports français seraient à l’arrêt à 95 %. La Fédération nationale des ports et docks CGT, qui représente près de 90 % des salariés du secteur, avait appelé à la mobilisation.
Le mouvement s’inscrit dans un appel lancé au niveau européen et suivi dans 22 pays. Les syndicats dénoncent notamment la militarisation des ports et un projet de règlement destiné à faciliter le transit de matériel de défense par des infrastructures civiles. En France, ils contestent également plusieurs orientations du projet de budget du gouvernement Lecornu et demandent des augmentations de salaires, ainsi qu’une hausse du salaire minimum.
Au Havre et à Nantes-Saint-Nazaire, des escales retardées ou annulées
Les effets de la grève ont varié selon les ports et les terminaux. Au Havre, premier port français pour le trafic de conteneurs, Haropa Port a fait état d’une escale de navire de croisière annulée et de huit escales retardées. Aucun camion n’était présent aux portes d’entrée du port vendredi matin, tandis que les dockers indiquaient qu’aucun chargement ni déchargement n’était effectué.
À Nantes-Saint-Nazaire, neuf navires à quai n’ont pas pu être traités, selon les autorités portuaires. Celles-ci ont toutefois indiqué que le trafic maritime avait pu s’organiser en conséquence, la grève ayant été annoncée suffisamment en amont.
À Dunkerque, les terminaux de vrac et de carburants sont bloqués
À Dunkerque, le terminal à conteneurs n’a pas été touché vendredi, selon un responsable et un représentant syndical cités par l’AFP. Les terminaux dédiés au vrac, aux liquides divers, aux carburants et à d’autres marchandises non conteneurisées étaient en revanche totalement bloqués, a affirmé le secrétaire général de la CGT des travailleurs portuaires du site.
La mobilisation concernait également de nombreux autres ports français, de Calais à Marseille, ainsi que Toulon, Nice, la Corse et La Réunion. Les ports français ont traité 330 millions de tonnes de marchandises en 2025, soit 7 à 8 % du total européen.
Une centaine de ports au ralenti dans 22 pays
Une centaine de ports maritimes fonctionnaient au ralenti le 30 octobre dans 22 pays. En Grèce, la grande majorité des liaisons maritimes entre le continent et les îles de la mer Égée n’étaient pas assurées, en raison d’une grève de syndicats de marins et d’ingénieurs de la marine marchande.
Les organisations syndicales européennes et internationales, notamment en Turquie et en Inde, dénoncent le transport de matériel de guerre par les ports et les conditions de travail qu’elles jugent dégradées. La Fédération nationale des ports et docks CGT a par ailleurs annoncé son soutien à la journée nationale de grève du 5 novembre.
Points métiers - RestOptima
- Une journée d’arrêt portuaire ne produit pas un effet uniforme : au Havre, des escales ont été retardées ou annulées, tandis qu’à Dunkerque les terminaux de conteneurs ont continué à fonctionner alors que ceux du vrac et des carburants étaient bloqués.
- L’annonce anticipée de la grève a permis à certains ports d’organiser le trafic maritime en conséquence, sans empêcher les navires déjà à quai de rester sans traitement à Nantes-Saint-Nazaire.