Le Dossier Hebdo · Édition du 2 novembre 2026
Retour au DossierPrix alimentaires — perspectives 2026-2027
La Banque mondiale prévoit une hausse de 18 % des prix alimentaires entre 2025 et 2027
La Banque mondiale projette une nouvelle hausse des prix alimentaires mondiaux, après leur recul entre 2022 et 2025. En France, la préparation des négociations commerciales pour 2027 a été reportée, tandis que les industriels anticipent une inflation d’au moins 3 %.
La Banque mondiale prévoit une hausse cumulée de près de 18 % des prix des denrées alimentaires entre 2025 et 2027, après une baisse de 21 % sur la période 2022-2025. L’institution attribue cette perspective aux perturbations des expéditions de céréales en mer Noire, aux conflits en cours et aux effets attendus d’un épisode El Niño d’une intensité exceptionnelle. Dans son scénario détaillé, les prix des produits alimentaires augmenteraient d’un peu plus de 10 % en 2026, puis de plus de 7 % en 2027.
La Banque mondiale prévoit aussi une forte hausse des prix de l’énergie en 2026 et une progression de 14 % des engrais, avant un retour de ces derniers aux niveaux de 2025 en 2027. Elle estime qu’un scénario combinant une aggravation des conflits, de nouvelles perturbations des expéditions céréalières et un épisode El Niño record pourrait pousser les prix alimentaires 12 % au-dessus de ses prévisions. Ces projections restent mondiales et ne correspondent pas mécaniquement au prix payé par chaque établissement ou consommateur.
La réunion préparatoire aux négociations commerciales est reportée au 2 novembre
La réunion de préparation des négociations tarifaires annuelles pour 2027, initialement prévue cette semaine à Bercy, a été reportée au 2 novembre. Le changement de date est lié au déplacement du Conseil des ministres, qui doit réunir Serge Papin, chargé du Commerce, et Annie Genevard, ministre de l’Agriculture.
Le rendez-vous s’annonce tendu. Leclerc, Carrefour et Intermarché menacent de le boycotter si les intermédiaires ne font pas preuve de transparence. Les négociations commerciales doivent commencer en décembre et les industriels anticipent déjà une inflation alimentaire d’au moins 3 % en 2027, après la hausse des coûts de l’énergie et les effets de la sécheresse.
Huile de palme, riz, café et poisson exposés aux tensions des marchés
Plusieurs produits pourraient voir leurs prix augmenter dans les prochains mois, notamment l’huile de palme, le riz, le café et le poisson. Les perturbations climatiques liées à El Niño ne touchent pas toutes les régions de la même manière, mais elles peuvent affecter des productions et des flux commerciaux utilisés par le marché européen.
Au Royaume-Uni, le chocolat, les pommes de terre et le pain sont également cités parmi les aliments susceptibles de coûter plus cher cet hiver. Les facteurs avancés sont la météo, le coût du carburant et celui des engrais. Ces évolutions décrivent des risques sur les marchés et les approvisionnements, pas une hausse uniforme déjà appliquée à tous les prix d’achat.
Points métiers - RestOptima
- Une projection mondiale des prix ne se transmet pas instantanément au coût d’achat d’un établissement : les contrats, les délais d’approvisionnement et la composition de chaque produit déterminent le moment et l’ampleur de la répercussion.
- La hausse des prix alimentaires peut aussi apparaître indirectement dans les conditions d’approvisionnement, les origines ou la disponibilité de certains produits avant de prendre la forme d’une rupture.
LES SOURCES11 sources · 9 médias
Le Figaro
Franceinfo
BFMTV
- Leclerc, Carrefour et Intermarché ont menacé de la boycotter: la réunion de préparation entre industriels et distributeurs avant les négociations commerciales est reportée au 2 novembre
- Vers une hausse de 18% entre 2025 et 2027: la Banque Mondiale s'attend à une flambée des prix des denrées alimentaires à cause des guerres et d'El Niño