Le Dossier Hebdo · Édition du 2 novembre 2026
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Canicule et sécheresse font baisser les récoltes et perturbent les filières alimentaires
L’été 2026 a diminué les rendements de plusieurs cultures, réduit les réserves de fourrage et perturbé des productions animales et végétales. Les effets se prolongent à l’automne, avec des prix élevés, des récoltes plus précoces et des adaptations dans les exploitations et les entreprises agroalimentaires.
Les fortes chaleurs et le manque d’eau ont réduit la production de plusieurs cultures en 2026. La laitue devrait atteindre 389,7 millions de têtes sur la campagne 2026-2027, soit 8 % de moins que lors de la campagne précédente, malgré une hausse de 2 % des surfaces plantées. Ses cours ont augmenté de 58 % en août sur un an et de 69 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, selon Agreste. Les carottes et les poireaux sont également attendus en baisse, respectivement de 11 % et de 13 % sur la campagne en cours.
Les conséquences touchent aussi l’élevage. Dans plusieurs régions, le manque d’herbe et de fourrage conduit des éleveurs à rationner leurs troupeaux ou à vendre davantage d’animaux. Certaines productions ont toutefois mieux résisté, comme les tomates Label Rouge du Lot-et-Garonne, en hausse de 18 % malgré la canicule, ou les cèpes du Plateau bortois, dont la récolte a été qualifiée d’exceptionnelle. Dans les filières affectées, producteurs et transformateurs testent de nouvelles pratiques, demandent des adaptations de cahiers des charges ou doivent respecter des restrictions d’eau prolongées.
La laitue recule de 8 %, avec des cours en forte hausse
La production française de laitue devrait reculer de 8 % sur la campagne 2026-2027, à 389,7 millions de têtes. Les épisodes caniculaires ont réduit les volumes en juin, puis provoqué des brûlures et des montaisons rapides en juillet et en août. La baisse de production a atteint 25 % pendant la saison estivale.
Les prix ont atteint des niveaux très élevés en août, avant une détente partielle en septembre, sans retrouver ceux des années précédentes. La carotte de saison a vu son rendement diminuer d’environ 15 %, tandis que la production de carottes est attendue en baisse de 11 % sur la campagne. Le poireau devrait reculer de 13 %.
Le manque de fourrage conduit des éleveurs à réduire leurs troupeaux
Dans plusieurs régions, la sécheresse a réduit les réserves d’herbe et renchéri le fourrage. En Franche-Comté, des exploitants annoncent qu’ils pourraient ne plus pouvoir nourrir leurs bêtes à partir du 15 janvier et commencent à réduire leurs cheptels. En Bretagne et ailleurs, certains éleveurs rationnent déjà leur troupeau malgré les aides publiques.
Dans le Cantal, l’Herbipôle de l’Inrae teste plusieurs solutions pour nourrir les vaches lorsque les prairies sèchent, notamment une graminée venue d’Éthiopie, le méteil et le maïs. Aucune de ces pistes ne s’impose encore.
Les appellations normandes demandent des dérogations après la sécheresse
En Normandie, le manque d’eau a suffisamment perturbé les productions liées au camembert, au cidre et au calvados pour que leurs appellations d’origine protégée demandent des dérogations à leurs cahiers des charges. La région, peu habituée jusque-là à de telles sécheresses et canicules, doit adapter des règles conçues dans un autre contexte climatique.
Le haricot tarbais voit ses rendements divisés par deux
Les fortes chaleurs estivales ont réduit de moitié les rendements du haricot tarbais. La baisse intervient alors que les clients cherchent à s’approvisionner, ce qui accroît la tension autour d’une récolte déjà fortement diminuée.
Dans les Alpes-Maritimes, la récolte des olives commence plus tôt
Après un été marqué par des canicules répétées et une forte sécheresse, la saison des olives a commencé précocement dans les Alpes-Maritimes. Les producteurs décrivent une récolte inhabituelle et doivent composer avec un calendrier déplacé.
Dans le Lot, une productrice de châtaignes récolte deux fois moins
Dans le Lot, une productrice de châtaignes a récolté 10 tonnes contre 20 habituellement. Les producteurs belges de fraises ont, eux, dû faire face à des fruits plus petits et à des prix défavorables pendant l’été.
Les restrictions d’eau contraignent Reine de Dijon à adapter sa production
À Fleurey-sur-Ouche, en Côte-d’Or, la sécheresse maintient l’ensemble du département en niveau d’alerte rouge. Reine de Dijon, qui produit de la moutarde et des sauces, fait partie des entreprises contraintes de respecter des restrictions d’eau.
Dans les Corbières, une expérimentation étudie les porte-greffes
Dans le vignoble des Corbières, une expérimentation nationale étudie la diversité des porte-greffes pour aider les vignerons à adapter les vignes au réchauffement climatique.
Points métiers - RestOptima
- Une baisse de production ne produit pas les mêmes effets selon les filières : la laitue a connu une forte hausse de ses cours, tandis que la fraise belge a d’abord subi des prix défavorables malgré des fruits plus petits.
- Dans l’élevage, la sécheresse réduit d’abord les réserves d’herbe et renchérit le fourrage, avant de conduire certains éleveurs au rationnement ou à la réduction des cheptels.
- Les adaptations ne suivent pas toutes le même calendrier : la récolte des olives peut commencer plus tôt dès la saison concernée, tandis que l’évolution des porte-greffes ou des plantes fourragères repose sur des expérimentations de plus long terme.
LES SOURCES23 sources · 17 médias
L’Humanité
La Croix
Franceinfo
TV5MONDE
La Dépêche du Midi
- "Faire face aux défis climatiques" : en Lot-et-Garonne, malgré les vagues de chaleur extrêmes, la production de tomates Label rouge franchit pour la première fois le seuil des 200 tonnes
- "Si on compare à mon père il y a 10 ou 20 ans, je pense que je n'ai qu'un quart de sa production..." : dans le Lot, cette productrice de châtaignes accuse le coup du manque d'eau
- Haricot tarbais : la sécheresse divise la récolte par deux, alors que les clients se bousculent
- 55% de pertes pour les grandes cultures cette année dans le Gers : un dégrèvement collectif de taxe foncière accordé aux agriculteurs après les aléas climatiques de 2026