Le Dossier Hebdo · Édition du 26 octobre 2026

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Énergie — gaz et électricité en Europe

Le gaz européen dépasse 90 euros et met les prix de l’énergie sous tension

Le prix européen du gaz a atteint son plus haut niveau depuis 2022, tandis que plusieurs pays européens se préparent à un hiver plus coûteux. Les réponses publiques vont de l’aide ciblée à l’intervention directe sur les prix.

Le prix européen du gaz a franchi les 90 euros par mégawattheure après une hausse de 3 %, atteignant son niveau le plus élevé depuis 2022. La hausse intervient à l’approche de l’hiver, alors que plusieurs pays européens anticipent des coûts élevés pour assurer leur approvisionnement.

Le Royaume-Uni devrait payer certains des prix de l’énergie les plus élevés d’Europe pour sécuriser ses importations, tandis que les autorités britanniques prévoient un approvisionnement suffisant malgré des journées hivernales tendues. En Suède, la ministre de l’Énergie Ebba Busch a évoqué la possibilité d’un hiver difficile et assuré que le gouvernement était prêt à activer une aide sur les prix de l’électricité.

Les gouvernements étudient des réponses différentes : baisse de la fiscalité sur l’électricité en Allemagne, subvention du gaz en Italie, mécanisme de soutien envisagé par la France pour les futurs réacteurs EPR2 et assouplissement de certaines règles européennes liées au climat. Ces mesures ne suppriment toutefois pas les tensions de marché ni le coût élevé des importations.

En France, le prix du kilowattheure a augmenté de 52 % en un an

La hausse s’est accélérée avec la baisse des températures. Le prix du gaz a progressé de 5,6 % en septembre puis de 6,6 % en octobre, avant une nouvelle augmentation annoncée en novembre. Le kilowattheure coûtait ainsi 52 % de plus qu’en novembre 2025.

Damien Ernst a alerté sur les conséquences pour les ménages titulaires d’un contrat variable, évoquant une facture de chauffage pouvant être supérieure de 1 000 euros à celle de l’hiver précédent. Cette estimation concerne les ménages exposés à ces conditions tarifaires et ne constitue pas une mesure générale de l’évolution des factures.

Le Royaume-Uni sécurise son approvisionnement au prix fort

Les prévisions des opérateurs britanniques indiquent que le pays disposera de suffisamment de gaz et d’électricité pendant les mois les plus froids. Pour garantir ces volumes, le Royaume-Uni devrait toutefois payer certains des coûts énergétiques les plus élevés d’Europe, en raison de sa dépendance accrue aux importations.

D’autres prévisions évoquent des journées hivernales où l’équilibre entre l’offre et la demande pourrait être particulièrement serré. Elles décrivent une tension sur le système, sans annoncer de rupture d’approvisionnement.

L’Italie subventionne le gaz pour tenter de réduire le prix de l’électricité

Le gouvernement italien a choisi d’intervenir directement sur le marché en subventionnant le prix du gaz afin de réduire celui de l’électricité. Le dispositif est présenté comme une expérience susceptible d’avoir un potentiel, mais des experts se montrent sceptiques sur ses effets.

En Allemagne, Friedrich Merz a de son côté demandé une baisse de la taxe sur l’électricité pour l’ensemble des consommateurs. En France, le débat porte notamment sur les moyens de mieux valoriser la production nucléaire, alors que les intérêts des consommateurs, des industriels et d’EDF ne coïncident pas toujours.

La France propose un mécanisme de soutien pour les futurs EPR2

Pour financer les six futurs réacteurs nucléaires EPR2, la France a proposé à l’Union européenne un mécanisme de « contrat pour différence ». Ce dispositif doit encadrer le soutien financier associé au prix de l’électricité produite par les nouveaux réacteurs.

La proposition s’inscrit dans une réflexion plus large sur le rôle du parc nucléaire français face à la hausse des prix de l’électricité. Elle concerne le financement de futures installations et ne constitue pas une baisse immédiate des tarifs appliqués aux consommateurs.

Points métiers - RestOptima

  • Le prix européen du gaz et le prix réellement payé par un établissement ne se confondent pas automatiquement : le contrat, la date de renouvellement et les conditions d’achat déterminent le moment où une évolution du marché peut apparaître sur la facture.
  • Une hausse générale de l’énergie ne produit pas le même effet selon la source utilisée et l’exposition contractuelle de chaque établissement ; le gaz, l’électricité, les tarifs et les échéances ne suivent pas nécessairement le même calendrier.
LES SOURCES18 sources · 14 médias

La Dernière Heure

Frankfurter Allgemeine Zeitung

De Standaard

The Conversation France

Dagens Nyheter

La Croix

RMC

La Libre

The Guardian

La Vanguardia

The National

Die Zeit

Der Standard

Telex

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