Le Dossier Hebdo · Édition du 26 octobre 2026
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La sécheresse raréfie les champignons sauvages à l’automne 2026
Après un été et un mois de septembre exceptionnellement secs, les sols français restent trop déshydratés pour permettre une reprise normale. Truffes, cèpes et girolles manquent déjà dans les forêts, tandis que certaines filières alimentaires annulent leurs marchés.
La sécheresse a fortement réduit l’apparition des champignons sauvages en France au début de l’automne 2026. Les sols ont reçu trop peu d’eau pendant l’été et en septembre. Les pluies revenues récemment n’ont pas suffi à rétablir leur humidité habituelle pour la saison, laissant les spécialistes incertains sur la suite de la récolte.
Les champignons visibles en forêt ne sont que la partie émergée d’un réseau souterrain de filaments, le mycélium. Selon Catherine Lenne, enseignante-chercheuse en botanique, ces mycéliums ont probablement été fortement affectés par la sécheresse. Le phénomène réduit la disponibilité des champignons sauvages destinés à l’alimentation et complique aussi leur identification en forêt.
Dans le Grand Est, plusieurs marchés de la truffe sont annulés
La filière truffes du Grand Est subit la sécheresse estivale. Beaucoup de marchés labellisés ne se tiendront pas faute de production, tandis que ceux qui sont maintenus ne proposeront pas de truffes fraîches. La saison s’annonce particulièrement mauvaise pour cette filière régionale.
À Rungis, les quantités de champignons sauvages diminuent
La raréfaction se fait aussi sentir sur le marché des champignons sauvages destinés à l’alimentation. Pierre Scaglia, directeur général de Paris Saveurs, spécialisée dans ce commerce à Rungis, fait état de difficultés et décrit une quantité nettement inférieure à celle des années précédentes. La baisse concerne notamment les espèces habituellement recherchées à l’automne.
En Haute-Garonne, une sortie en forêt ne rapporte que trois champignons
Dans la forêt communale de Rieumes, au sud-ouest de Toulouse, une sortie organisée pour des apprentis cueilleurs n’a permis de trouver que trois champignons en plusieurs heures, aucun n’étant comestible. Les étudiants en pharmacologie devaient notamment apprendre à reconnaître les espèces toxiques, mais aucune amanite phalloïde n’a été observée. Pour Marianna Muneretto, de l’association mycologique de Toulouse, le ruisseau voisin, très asséché, et l’état du bois témoignent d’une situation qu’elle n’avait jamais rencontrée depuis le début de ses observations en 2006.
Points métiers - RestOptima
- Une pluie récente ne suffit pas nécessairement à relancer immédiatement la disponibilité des champignons : lorsque les sols restent très secs, le mycélium souterrain peut avoir besoin de temps pour retrouver des conditions favorables avant que les espèces apparaissent en surface.
- Pour les approvisionnements alimentaires, une rareté en forêt peut d’abord se traduire par une offre plus limitée et une incertitude sur les espèces disponibles, sans constituer automatiquement une rupture uniforme pour tous les circuits.