Le Dossier Hebdo · Édition du 19 octobre 2026

Retour au Dossier

Cybersécurité — Grande distribution

Cyberattaque : plusieurs centaines de supermarchés privés de froid

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates ont pris le contrôle à distance de systèmes frigorifiques dans des magasins Intermarché, U, E.Leclerc, Carrefour et Monoprix. Les températures sont montées jusqu’à 50 °C, contraignant les enseignes à détruire des produits frais et surgelés.

L’attaque a visé les systèmes de régulation frigorifique de plusieurs centaines de supermarchés français. Les pirates ont déclenché à distance le dégivrage de réfrigérateurs et de congélateurs, faisant parfois grimper leur température jusqu’à 50 °C. Des départs de feu ont été signalés. Les magasins concernés ont dû jeter les denrées exposées pour respecter la chaîne du froid. Aucun vol de données n’a été rapporté à ce stade.

Les enseignes ont communiqué des périmètres différents selon les réseaux : au moins 300 magasins Intermarché et Netto, moins d’une centaine de points de vente Coopérative U, plusieurs magasins E.Leclerc, 80 Carrefour et une trentaine de Monoprix ont été cités. Le nombre total de sites touchés a été estimé à plusieurs centaines, voire 700 centres selon le ministre de l’Économie, sans bilan définitif. Le parquet de Paris a ouvert une enquête et l’Anssi accompagne les distributeurs.

À certains endroits, les pertes de marchandises dépassent 100 000 euros

Les conséquences ont varié selon les sites touchés. À Saverne et à Haguenau, environ 50 000 euros de produits ont été rendus impropres à la consommation. Un Super U de Mirepoix a évoqué 90 000 euros de pertes, tandis que l’Intermarché d’Ouroux-sur-Saône a chiffré les marchandises jetées à plus de 130 000 euros. Le patron de Coopérative U a toutefois précisé qu’une minorité seulement des 80 magasins de son réseau concernés avaient dû jeter des produits. Les pertes nationales, d’abord évaluées à plusieurs millions d’euros, pourraient atteindre plusieurs dizaines de millions, mais aucun bilan consolidé n’est encore établi.

Danfoss, Copeland et Dixell concernés par les investigations

L’attaque a d’abord été reliée aux systèmes de régulation frigorifique Danfoss. Le fabricant a indiqué que la majorité des équipements touchés étaient anciens, arrivés en fin de vie et ne bénéficiant plus de mises à jour logicielles ou de sécurité. L’Anssi a ensuite alerté sur des appareils Copeland, tandis que des équipements Dixell ont été visés dans la nuit du 12 au 13 octobre. Un magasin E.Leclerc du Tarn touché par cette nouvelle vague n’utilisait pas de matériel Danfoss. L’extension à plusieurs fabricants a élargi le périmètre de l’enquête et maintenu des rayons frais et surgelés fermés dans certains magasins.

Le parquet enquête sur l’accès aux équipements frigorifiques

La section cybercriminalité du parquet de Paris enquête sur une attaque qualifiée d’inédite et d’ampleur. Les auteurs n’ont pas été identifiés et aucun groupe n’a revendiqué l’opération. Les investigations portent notamment sur l’accès à distance aux équipements frigorifiques et sur les vulnérabilités de logiciels anciens. Des experts ont rappelé que certains systèmes connectés avaient été conçus en privilégiant la fiabilité et la maîtrise des coûts, alors qu’ils étaient historiquement peu exposés à Internet. Les distributeurs et le fabricant Danfoss se renvoient déjà une partie de la responsabilité, laissant présager des discussions sur la prise en charge des dommages.

Points métiers - RestOptima

  • Un équipement frigorifique connecté peut devenir un point de perte directe pour un établissement : la compromission du système de commande ne se limite pas à une indisponibilité informatique, elle peut rendre les produits impropres à la vente et interrompre l’activité du rayon concerné.
  • La présence d’un équipement ancien ou d’un logiciel non mis à jour ne suffit pas à mesurer le dommage subi par un magasin. Les pertes dépendent notamment du matériel touché, de la durée d’exposition et des marchandises présentes au moment de l’incident.
  • Le nombre de sites concernés et le montant des pertes restent évolutifs : les enseignes publient des bilans distincts et l’enquête doit encore établir le périmètre complet de l’attaque.
LES SOURCES188 sources · 75 médias

La Dépêche du Midi

Le Progrès

Le Dauphiné Libéré

Nice-Matin

L’Est Républicain

L’Indépendant

Midi Libre

La Montagne

France Bleu

DNA

Le Républicain Lorrain

Vosges Matin

L’Alsace

JSL

Le Bien Public

Courrier International

RFI

Mediapart

Le Temps

La Dernière Heure

RTS

Agence Anadolu

BBC News

The Guardian

CBC News

The Globe and Mail

Channel NewsAsia

Folha de S.Paulo

La Nación Argentina

Daily Maverick

El País

La Vanguardia

Frankfurter Allgemeine Zeitung

De Standaard

de Volkskrant

The Irish Times

Neue Zürcher Zeitung

Der Standard

Aftenposten

Helsingin Sanomat

Hospodářské noviny

Adevărul

Reporterre

Numerama

Le Monde

Le Figaro

Libération

Le Parisien

L’Express

La Croix

Atlantico

HuffPost France

Franceinfo

BFMTV

France 24

RMC

TV5MONDE

Public Sénat

La Libre

Radio-Canada

LaPresse

The New York Times

Al Jazeera English

The Hindu

Radio New Zealand

NRC

Politiken

El Tiempo

La Tercera

Le Nouvel Obs

Euronews FR

Vanguardia

Sciences et Avenir

20 Minutes

Le JDD

Le Dossier Hebdo · Édition du 19 octobre 2026

Retour au Dossier