Le Dossier Hebdo · Édition du 12 octobre 2026
Retour au DossierViticulture — récolte 2026
La production viticole française attendue 14 % sous sa moyenne quinquennale
Le ministère de l’Agriculture estime la production à près de 35 millions d’hectolitres, soit 2 % de moins qu’en 2025 et 14 % sous la moyenne des cinq dernières années. La révision à la hausse de septembre ne gomme pas les écarts entre les bassins viticoles.
La production viticole française devrait atteindre près de 35 millions d’hectolitres en 2026, selon les estimations arrêtées au 1er octobre par Agreste. Le volume a été relevé par rapport à l’évaluation de septembre, qui l’établissait à 33,9 millions d’hectolitres, principalement grâce à de meilleurs rendements attendus en Languedoc-Roussillon. La récolte resterait toutefois inférieure de 2 % à celle de 2025 et de 14 % à la moyenne 2021-2025. La France avait déjà enregistré en 2025 sa plus faible production depuis 1957, selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin.
Les surfaces ont diminué de 1,9 %, notamment sous l’effet du plan d’arrachage de vignes. Les rendements ont aussi été affectés par la sécheresse et les épisodes de canicule. Commencées plus tôt que d’ordinaire, les vendanges se sont néanmoins déroulées dans un excellent état sanitaire. Les pluies de fin d’été ont limité les pertes dans certaines régions, sans effacer les écarts entre les vignobles.
Le Sud rebondit sans retrouver partout sa moyenne
Le Languedoc-Roussillon devrait produire 20 % de plus qu’en 2025, une année particulièrement faible, et dépasser de 2 % sa moyenne 2021-2025. Cette progression intervient malgré une baisse de 3 % des surfaces cultivées. Le Bordelais connaîtrait lui aussi un rebond de 10 % sur un an, mais resterait 11 % sous sa moyenne quinquennale. Dans le Sud-Ouest, la récolte progresserait de 12 % et se rapprocherait de cette moyenne, avec des rendements variables selon les départements, l’âge des vignes et les précipitations.
Champagne, Bourgogne et Val de Loire parmi les bassins les plus touchés
En Champagne, les vendanges, achevées début septembre pour la première fois, confirmeraient une production réduite de moitié par rapport à 2025 et à la moyenne 2021-2025. En Bourgogne et dans le Beaujolais, la baisse atteindrait 22 % sur un an et 30 % par rapport à la moyenne quinquennale. Le Val de Loire enregistrerait un recul de 7 %, avec un poids des baies historiquement bas et des rendements variables selon les sols, l’âge des vignes et les précipitations.
À Saint-Pourçain, une récolte trop faible pour reconstituer les stocks
Dans le vignoble de Saint-Pourçain, les rendements 2026 s’établissent en moyenne entre 20 et 22 hectolitres à l’hectare. Après une récolte 2025 déjà modeste, ce niveau ne permettra pas aux vignerons de reconstituer leurs stocks. La qualité est néanmoins jugée « assez exceptionnelle » par les professionnels locaux, comme dans d’autres régions où l’état sanitaire et les conditions de maturité ont été favorables.
Points métiers - RestOptima
- Le volume produit et la qualité de la vendange décrivent deux dimensions différentes : une récolte peut être faible tout en présentant un bon état sanitaire et des conditions de vinification favorables.
- La moyenne nationale masque des écarts importants entre bassins ; les estimations régionales sont donc nécessaires pour comprendre la situation d’un vignoble donné.