Le Dossier Hebdo · Édition du 12 octobre 2026
Retour au DossierCarburants — mouvement social
Grève chez TotalEnergies : les expéditions de carburants bloquées dans plusieurs raffineries
Appelés par la CGT à cesser le travail le 8 octobre pour l’emploi et les salaires, des salariés ont bloqué les expéditions sur plusieurs sites. Des stations-service du groupe ont aussi été fermées ou perturbées, tandis que la direction conteste l’ampleur du mouvement.
La CGT avait appelé à une grève de 24 heures dans tous les sites de TotalEnergies en France, notamment dans les raffineries, les usines de caoutchouc et les stations-service. Le syndicat réclamait des embauches, la titularisation des intérimaires, le remplacement des postes vacants et une hausse de 200 euros mensuels pour tous les salariés, ainsi qu’un salaire de base minimum fixé à 1,2 Smic.
Le 8 octobre, les expéditions de carburants ont été bloquées dans les raffineries de Normandie, de Donges et dans la bio-raffinerie de La Mède, selon la CGT. Le coordinateur du syndicat évoquait plus de 50 % de grévistes sur ces sites ; la direction annonçait de son côté moins de 2 % de grévistes dans l’ensemble de ses raffineries et bio-raffineries et affirmait continuer à approvisionner son réseau par différents moyens logistiques. Côté distribution, 27 stations de la filiale Argedis étaient fermées selon la CGT, contre 11 selon la direction, sur environ 180 stations exploitées par cette filiale et 3 300 pour le groupe.
Le mouvement intervenait alors que les stations TotalEnergies faisaient face à des difficultés logistiques liées à la guerre au Moyen-Orient et à une forte demande après le plafonnement des prix des carburants par le groupe. La direction avait annoncé une avance de 1 000 euros sur la prime annuelle, mais la CGT a maintenu son appel à la grève, en dénonçant des départs non remplacés, le recours à l’intérim et des salaires qui stagnent dans les filiales du groupe.
La grève reconduite le 9 octobre dans une vingtaine de stations
Le mouvement initié le 8 octobre s’est poursuivi le lendemain dans une vingtaine de stations-service TotalEnergies, ainsi qu’à la raffinerie de Normandie. Cette reconduction prolongeait les perturbations dans la distribution, sans remettre en cause le désaccord entre les chiffres avancés par la CGT et ceux communiqués par la direction.
À Bain-de-Bretagne, une station bloquée pendant deux jours
À Bain-de-Bretagne, en Ille-et-Vilaine, des salariés de TotalEnergies ont bloqué leur station pendant deux jours. Ils réclamaient des hausses de salaires et dénonçaient leurs conditions de travail, dans le prolongement du mouvement lancé par la CGT dans le groupe.
Points métiers - RestOptima
- Le blocage des expéditions ne signifie pas à lui seul une rupture immédiate dans toutes les stations : la direction affirme continuer à approvisionner son réseau par différents moyens logistiques.
- Les chiffres de grévistes et de stations touchées restent distincts selon qu’ils sont avancés par la CGT ou par la direction ; ils ne décrivent donc pas le même périmètre de mesure.