Le Dossier Hebdo · Édition du 5 octobre 2026
Retour au DossierSécheresse et eau potable
Sécheresse : les restrictions se durcissent, l’eau potable reste sous tension
Après un mois de septembre marqué par un déficit pluviométrique moyen de 70 %, plusieurs départements maintiennent ou renforcent leurs restrictions. Au 30 septembre, 81 300 personnes étaient approvisionnées en bouteilles ou par camion-citerne, tandis qu’un million d’habitants restaient alimentés par des réseaux sous tension.
La sécheresse française s’est poursuivie tout au long du mois de septembre, malgré les pluies parfois très importantes de l’épisode cévenol dans le Sud. Au 4 octobre, les réserves alimentant plusieurs réseaux de distribution restent fragilisées, avec des cours d’eau au plus bas et des nappes dont la situation demeure préoccupante. Météo France évalue à 70 % le déficit moyen de pluie enregistré en septembre.
Les arrêtés préfectoraux ont été maintenus ou renforcés dans plusieurs territoires. La Meuse a placé l’ensemble de ses bassins-versants en état de crise pour deux mois. La Côte-d’Or, la Gironde et les Pyrénées-Orientales ont également étendu ou durci leurs restrictions. Début octobre, un autre bilan évoquait 83 000 personnes privées d’eau, tandis qu’un million de personnes restaient considérées comme alimentées par des réseaux sous tension.
Les restrictions d’eau se renforcent de la Meuse aux Pyrénées-Orientales
Dans la Meuse, l’état de crise a été étendu à tous les bassins-versants. L’arrêté préfectoral, fixé pour deux mois, rappelle les usages prioritaires, les restrictions et les sanctions applicables.
En Côte-d’Or, le niveau de vigilance rouge s’est étendu à la quasi-totalité du territoire à partir du 30 septembre. En Gironde, le mois de septembre, présenté comme le plus sec depuis 49 ans, a conduit la préfète à renforcer les mesures. Dans les Pyrénées-Orientales, près de 80 communes ont été placées en état de crise, avec des restrictions renforcées dans 70 communes selon une décision préfectorale annoncée le 30 septembre.
Dans le Charolais-Brionnais, les restrictions concernent les usages domestiques et professionnels, mais des agriculteurs ont obtenu des dérogations pour irriguer certaines parcelles.
81 300 personnes recensées dans un dispositif d’approvisionnement d’urgence
Le dernier bilan du ministère de la Transition écologique, révélé le 30 septembre, recensait 81 300 personnes approvisionnées en eau par camion-citerne ou en bouteilles pour boire, se laver ou cuisiner. Ce nombre avait augmenté de près de 20 000 personnes en deux semaines.
Début octobre, le chiffre publié par Le Nouvel Obs atteignait 83 000 personnes. Le même article indiquait qu’un million de personnes restaient alimentées par des réseaux considérés comme sous tension. Les situations varient selon les territoires : à Quimper, les réserves d’eau potable sont décrites comme plus critiques qu’en juillet, tandis que l’agglomération de Tarbes-Lourdes-Pyrénées se veut rassurante tout en identifiant des points de faiblesse à consolider.
Dans l’Allier, aucune rupture d’alimentation n’a été constatée pendant l’été, mais la dernière semaine de juin avait déjà provoqué des difficultés techniques et une surconsommation liée aux fortes chaleurs.
Dans l’Allier, de nouveaux travaux après 400 kilomètres d’interconnexions
L’Allier prépare de nouveaux travaux pour sécuriser son approvisionnement en eau potable après un été marqué par des tensions techniques. Depuis 1990, 400 kilomètres d’interconnexions ont été construits entre les différents réseaux du département.
Des canalisations, des réservoirs et des stations de pompage doivent encore être mobilisés. La station de Mazerier, dont l’ouverture est prévue dans le cadre des travaux en cours et à venir, doit apporter une capacité de 5 000 m³ par jour.
Le département a évité toute rupture cet été en utilisant ses infrastructures au maximum de leurs capacités. Les travaux visent désormais à préparer les périodes de tension à venir.
À Volvic, Danone veut réduire encore ses prélèvements d’eau
Danone annonce un investissement de 50 millions d’euros sur son site d’embouteillage auvergnat de Volvic. Le groupe veut notamment limiter les prélèvements d’eau utilisés pour l’entretien des lignes de production.
Son directeur général, Antoine de Saint-Affrique, indique que les investissements doivent permettre de réduire de 10 % supplémentaires les prélèvements, tout en accélérant la transition énergétique et en confortant le rôle du site au sein du groupe. L’annonce intervient après un été marqué par de fortes chaleurs et dans un contexte où la ressource en eau est devenue plus difficile à sécuriser dans plusieurs territoires.
Des métabolites retrouvés dans trois captages du Grand Guéret
Des résidus de produits phytosanitaires ont été retrouvés dans trois captages de l’agglomération du Grand Guéret, à Sainte-Feyre, Saint-Vaury et Glénic. Les analyses, devenues plus précises, ont permis d’identifier ces métabolites dans l’eau destinée à la ressource potable.
Une étude doit être lancée pour préserver ces captages. Cette séquence ajoute la question de la qualité à celle de la quantité, alors que plusieurs collectivités cherchent déjà à maintenir leur approvisionnement face à la baisse des pluies et des niveaux des cours d’eau.
Points métiers - RestOptima
- Une restriction préfectorale ne décrit pas seulement un niveau de sécheresse : son effet dépend aussi des usages concernés, des dérogations accordées et de la durée de l’arrêté.
- Une tension sur l’eau potable peut d’abord se traduire par un approvisionnement de secours ou une utilisation maximale des infrastructures, avant d’aboutir à une rupture complète.
- Les investissements de Danone concernent les prélèvements d’un site industriel précis ; ils ne permettent pas de déduire une évolution identique pour l’ensemble des établissements ou des réseaux d’eau.
LES SOURCES36 sources · 20 médias
Le Figaro
La Montagne
- Volvic face à la sécheresse : "Nous allons réduire de 10 % supplémentaires nos prélèvements d’eau", explique le directeur général de Danone
- Résidus d’herbicide retrouvés dans l’eau : trois captages concernés sur l'Agglo du Grand Guéret
- Eau potable : sueurs froides dans l’Allier fin juin
- Eau potable : comment "sécuriser" l’été 2027 dans l'Allier ?
Actu.fr
- Sécheresse dans le Loiret : où en sont les cours d'eau et quelles sont les restrictions ?
- Eau potable : ils alertent sur le risque de pollution de la nappe phréatique qui alimente l’agglo de Saint-Nazaire
- La sécheresse devient inquiétante : le préfet déclenche l'état de crise dans 70 communes des Pyrénées-Orientales
- Après le mois de septembre le plus sec depuis 49 ans, la préfète de la Gironde renforce les restrictions d'eau
- Eau potable à Quimper : « La situation est plus critique aujourd’hui qu’en juillet »
JSL
Le Bien Public
La Nouvelle République
Mediapart
La Libre
Franceinfo
Le Progrès
Le Dauphiné Libéré
L’Est Républicain
- Environnement. Restrictions d’eau, nappes phréatiques… ces chiffres qui montrent que la sécheresse se poursuit
- Infographies. Pluie, cours d'eau, nappes : comment a évolué la situation de l'eau en Franche-Comté en septembre ?
- Infographies. Manque d’eau en Lorraine : pluie, cours d'eau, nappes… Quelle évolution en septembre ?
- Meuse. Sécheresse et eau potable : état de crise généralisé pour le département
L’Indépendant
France Bleu
Le Républicain Lorrain
Vosges Matin
- Vosges. « C’est une situation assez exceptionnelle » : l’arrêté sécheresse prolongé dans le département jusqu’à la fin du mois d’octobre, deux mois et demi après sa promulgation
- Environnement. Restrictions d’eau, nappes phréatiques… ces chiffres qui montrent que la sécheresse se poursuit
- Infographies. Manque d’eau en Lorraine : pluie, cours d'eau, nappes… Quelle évolution en septembre ?