Le Dossier Hebdo · Édition du 5 octobre 2026
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L’Europe se prépare à un hiver 2026-2027 marqué par des prix élevés du gaz
La Commission européenne ne prévoit pas de pénurie immédiate, mais les réserves de gaz restent inégalement remplies et la facture énergétique de l’Union a déjà augmenté de plus de 100 milliards d’euros depuis fin février. Les États cherchent à renforcer leurs stocks et à limiter la hausse des tarifs.
Réunis à Dublin le 29 septembre, les ministres européens de l’Énergie ont prévenu que l’hiver 2026-2027 pourrait être marqué par des prix « très élevés » pour le pétrole et le gaz. Le commissaire européen Dan Jorgensen a évoqué un « hiver difficile ». Les stocks de gaz atteignent environ 70 % en moyenne dans l’Union, avec de fortes différences entre les pays : 82 % en France, contre 57 % en Allemagne et aux Pays-Bas.
La Commission ne signale pas de risque immédiat pour la sécurité d’approvisionnement. Mais les importations d’hydrocarbures ont déjà coûté plus de 100 milliards d’euros supplémentaires aux Vingt-Sept depuis fin février. La fermeture du détroit d’Ormuz et la baisse des exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar et des Émirats arabes unis obligent l’Europe et l’Asie à se disputer les cargaisons disponibles. Bruxelles recommande de limiter la demande de gaz et la consommation d’électricité aux heures de pointe, tout en soutenant des mesures nationales d’aide et d’encadrement des tarifs.
La prolongation de la force majeure du Qatar accentue la concurrence pour le GNL
La prolongation par le Qatar de la force majeure sur ses livraisons de gaz naturel liquéfié vers l’Asie et l’Europe intervient alors que les perturbations du détroit d’Ormuz continuent de compliquer les flux énergétiques. La chute des exportations qataries et émiraties pousse les acheteurs européens et asiatiques à se disputer les cargaisons disponibles, ce qui renforce la position des États-Unis sur le marché mondial du GNL.
Berlin demande à SEFE de renforcer ses stocks de gaz
Le ministère allemand de l’Économie a demandé à l’énergéticien public SEFE d’acheter et de stocker davantage de gaz avant l’hiver. Berlin invoque la persistance des risques géopolitiques, alors que les réserves allemandes figurent parmi les plus basses de l’Union, à environ 57 % selon les données présentées à Dublin.
La France et l’Espagne encadrent différemment la hausse des tarifs de gaz
En France, le prix repère du gaz doit augmenter au 1er octobre, dans un contexte de hausse des prix énergétiques. En Espagne, le gouvernement prévoit de plafonner à 15 % la progression du Tarif de Último Recurso, alors qu’elle aurait dépassé 45 % sans intervention, et de maintenir le prix de la bouteille de butane sous 19,55 euros jusqu’en juin 2027.
Bruxelles envisage de reporter d’un an la loi sur les émissions de méthane
Pour tenter de détendre le marché, le commissaire européen à l’Énergie Dan Jorgensen veut reporter de 2027 à 2028 l’application d’une loi imposant aux importateurs d’hydrocarbures de surveiller et de déclarer leurs émissions de méthane. Le projet, soutenu par Emmanuel Macron, doit encore être soumis aux États membres et au Parlement européen. Des organisations environnementales contestent ce report, estimant qu’il ne ferait pas baisser les prix et affaiblirait la politique climatique de l’Union.
Points métiers - RestOptima
- Le prix de marché du gaz, le niveau des stocks et le tarif effectivement payé ne correspondent pas au même moment de la chaîne. Un stockage insuffisant peut contribuer à entretenir la tension sur le marché, tandis qu’un tarif encadré ou un contrat en cours peut retarder la transmission de cette hausse à la facture.
- Les annonces européennes distinguent la sécurité d’approvisionnement de l’évolution des prix : l’absence de pénurie immédiate ne signifie pas que le gaz sera disponible à un coût stable pendant l’hiver.