Le Dossier Hebdo · Édition du 28 septembre 2026

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Pouvoir d’achat et restauration

La hausse des carburants pèse sur la fréquentation et les dépenses au restaurant

La hausse des dépenses à la pompe pèse sur les sorties au restaurant, dans un secteur déjà marqué par le recul de la fréquentation, une consommation plus réduite et des trésoreries fragilisées.

Depuis le printemps 2026, les arbitrages liés au pouvoir d’achat pèsent sur les dépenses de restauration, dans un contexte de hausse des prix des carburants. Entre juin et août, la fréquentation des restaurants a reculé de deux points sur un an, tandis que le chiffre d’affaires de la restauration à table a baissé de 2 %, selon Food Service Vision. Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires moyen des entreprises de restauration traditionnelle a diminué de 6,5 % sur un an, selon le baromètre de l’Umih et de l’Ordre des experts-comptables.

La sortie au restaurant fait partie des dépenses sacrifiées lorsque le budget se resserre. Les clients qui continuent de venir consomment aussi moins : les boissons alcoolisées, le fromage et les entrées figurent parmi les produits les plus touchés. Les cafés, bars et pubs ont toutefois progressé de 2 % en chiffre d’affaires cet été, tandis que les commerces de proximité ont augmenté de 1 %, notamment grâce à la Coupe du monde et aux consommations tardives liées aux fortes chaleurs.

Les clients réduisent le nombre d’items commandés

Un Français sur deux déclarait consommer moins d’items au restaurant cet été, selon Florence Berger, de Food Service Vision. Pendant les périodes de canicule, cette proportion atteignait six personnes sur dix. Le prix devient un critère central, et les clients se montrent davantage attentifs au rapport entre l’addition, la qualité et l’expérience proposée.

« Aujourd’hui, en France, il n’y a quasiment plus un restaurant qui peut dire qu’il est complet tout le temps », estime Damien Rodière, directeur général de TheFork. Il constate que les établissements qui utilisent des offres promotionnelles parviennent davantage à attirer une clientèle devenue plus exigeante.

À Saintes, un restaurant réduit l’addition des clients venus en voiture

Depuis la mi-septembre, un restaurant de Saintes propose une réduction aux clients qui viennent en voiture. L’initiative vise à limiter les effets de la hausse des carburants sur la fréquentation, alors que les budgets consacrés aux sorties se resserrent.

Le restaurant présente cette remise comme une opération commerciale destinée à limiter l’effet de la hausse du coût des déplacements sur sa fréquentation.

Les fermetures ne sont plus compensées par les nouvelles ouvertures

L’Umih déplore 25 fermetures de restaurants par jour. Selon une enquête du GHR, plus d’une entreprise sur deux se déclare fragilisée ou en difficulté et, selon les métiers, 86 % à 97 % des répondants disent disposer d’une capacité d’investissement limitée ou nulle.

François Blouin, dirigeant de Food Service Vision, observe que les fermetures, jusque-là compensées par l’ouverture de nouveaux établissements, ne le sont plus depuis le début de 2026. Au Mans, la restauratrice Émilie Pannier rapporte être passée d’une centaine de couverts habituels le midi l’été à une vingtaine cette année. Elle indique également avoir renoncé à ses congés habituels, sa trésorerie ne permettant pas de fermer quinze jours.

Points métiers - RestOptima

  • Le nombre de couverts, la dépense moyenne par client et le chiffre d’affaires peuvent évoluer à des rythmes différents dans un même établissement.
  • La hausse du prix de l’essence peut réduire la capacité consacrée aux sorties avant même qu’une baisse générale de fréquentation soit mesurée.
  • Les promotions peuvent soutenir la fréquentation sans que leur effet sur le chiffre d’affaires ou la trésorerie soit identique dans chaque établissement.
LES SOURCES6 sources · 5 médias

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