Le Dossier Hebdo · Édition du 28 septembre 2026
Retour au DossierSécurité alimentaire — Aisne
Intoxications à E. coli dans l’Aisne : six bouchers mis en examen
Un peu plus d’un an après la contamination de 32 personnes et la mort d’une fillette de 11 ans dans la région de Saint-Quentin, six bouchers ont été mis en examen à Paris et placés sous contrôle judiciaire.
Les mises en examen interviennent dans l’enquête ouverte après une vague d’intoxications à la bactérie Escherichia coli survenue en juin 2025 dans l’Aisne. Trente-deux cas avaient été recensés et une fillette de 11 ans, Élise, était morte le 16 juin au CHU d’Amiens. Plusieurs autres enfants avaient été hospitalisés à Saint-Quentin, Amiens, Lille et Reims.
Dix bouchers avaient d’abord été placés en garde à vue. Six d’entre eux, gérants ou salariés, sont désormais mis en examen notamment pour homicide involontaire, blessures involontaires, mise en danger de la vie d’autrui, tromperie présentant un danger pour la santé et abattage illicite. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’exercer en boucherie dans certaines conditions.
Les six bouchers sont soumis à des restrictions d’exercice
Les six mis en examen sont soumis à plusieurs obligations dans l’attente de la suite de l’instruction. Ils ne peuvent pas exercer comme boucher ou employé de boucherie, sauf comme salariés dans une enseigne de petite, moyenne ou grande distribution et à condition de ne pas manipuler de viande nue. Ils ont également interdiction d’entrer en contact avec les autres bouchers placés en garde à vue ou mis en examen.
L’enquête remonte jusqu’à une exploitation agricole fermée
Les investigations conduites depuis le 7 août 2025 par le pôle santé publique du parquet de Paris ont identifié une exploitation agricole située près de Saint-Quentin, fermée depuis plusieurs mois. Cette ferme aurait vendu une cinquantaine de moutons à l’occasion de l’Aïd. Certains auraient ensuite été abattus et découpés en dehors des circuits réglementaires, dans des boucheries ou chez des particuliers. La préfecture de l’Aisne avait auparavant fait état d’un « lien biologique formel entre le lieu d’approvisionnement et la contamination des malades ».
Six boucheries avaient été fermées préventivement en juin 2025
Au moment de la vague d’intoxications, six boucheries, dont plusieurs boucheries halal, avaient été fermées à titre préventif. Les autorités soupçonnaient alors une infection alimentaire liée à de la viande. Le parquet de Saint-Quentin s’était dessaisi de l’enquête préliminaire au profit du pôle de santé publique du parquet de Paris, en raison du nombre de victimes et de la technicité des investigations. Plusieurs familles d’enfants touchés ont porté plainte.
Points métiers - RestOptima
- Le lien biologique établi par la préfecture entre le lieu d’approvisionnement et la contamination ne préjuge pas des responsabilités pénales individuelles, qui restent examinées dans le cadre de l’instruction.
- La fermeture préventive d’une boucherie relève du risque sanitaire identifié à ce moment-là, tandis que les mises en examen et les interdictions d’exercer relèvent d’une étape judiciaire distincte, dont les qualifications peuvent encore être discutées au cours de la procédure.