Le Dossier Hebdo · Édition du 14 septembre 2026
Retour au DossierViticulture — vendange 2026
La récolte viticole française pourrait atteindre son plus bas niveau depuis 1957
La production viticole française devrait passer sous 34 millions d’hectolitres, soit 6 % de moins qu’en 2025 et 17 % sous la moyenne des cinq dernières années. Sécheresse, canicules et recul des surfaces expliquent ce niveau, avec de forts écarts entre régions.
Selon les estimations arrêtées au 1er septembre par Agreste, la récolte française atteindrait environ 33,9 millions d’hectolitres en 2026, contre 35,9 millions l’an dernier. Si ces chiffres se confirment, il s’agirait de la plus faible production depuis 1957 et de l’une des plus basses des trente dernières années. Les surfaces en production reculent de 2,5 % sur un an, notamment sous l’effet du plan d’arrachage de vignes, tandis que les rendements ont été pénalisés par la sécheresse et les vagues de chaleur.
L’été a provoqué localement échaudages, brûlures, défoliations et flétrissements des raisins. Les pluies tardives n’ont pas suffi à compenser les pertes. La baisse n’est toutefois pas uniforme : la Champagne s’oriente vers une récolte inférieure de 48 % à celle de 2025, tandis que le Bordelais et le Languedoc-Roussillon bénéficient de rendements meilleurs qu’en 2025, malgré des volumes toujours inférieurs à leur moyenne récente.
Champagne : le rendement chute, mais le quota commercialisable reste accessible
En Champagne, le rendement agronomique est estimé à environ 7 000 kg par hectare, contre 9 900 kg en 2025. Les vendanges, commencées dès le 6 août et généralisées le 17 août, ont été les plus précoces jamais observées dans l’appellation, après des gels printaniers et cinq épisodes de canicule.
La baisse du rendement ne devrait toutefois pas empêcher le vignoble d’atteindre le quota commercialisable de 8 800 kg par hectare. Le champagne étant majoritairement un vin d’assemblage, les quantités manquantes peuvent être prélevées dans la réserve interprofessionnelle.
Le champagne pourra exceptionnellement dépasser 13 % d’alcool
Pour la première fois, l’Institut national de l’origine et de la qualité a accordé une dérogation temporaire au cahier des charges de l’appellation Champagne. Pour la récolte 2026, certains vignerons pourront commercialiser des bouteilles titrant au-delà de 13 % d’alcool, jusqu’à 15 % après assemblage et éventuelle chaptalisation.
La mesure vise les raisins dont le degré alcoolique potentiel a fortement augmenté sous l’effet des chaleurs. Elle ne concernera que quelques vignerons, selon Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons et coprésident du Comité Champagne. L’interprofession estime que la vendange présente malgré ses faibles rendements un « potentiel de très grands vins », tout en soulignant qu’il est encore trop tôt pour qualifier définitivement le millésime.
Bordelais et Languedoc-Roussillon progressent sur un an, mais restent sous leur moyenne
Les estimations montrent une situation très contrastée selon les vignobles. La Bourgogne et le Beaujolais sont annoncés à environ 33 % sous leur niveau de 2025, avec plus de 50 % de pertes pour le pinot noir bourguignon. Le Jura reculerait de 36 % et le Val de Loire de 12 % sur un an.
À l’inverse, la production progresserait de 10 % dans le Bordelais et de 5 % en Languedoc-Roussillon par rapport à leurs récoltes très faibles de 2025. Ces hausses ne ramènent toutefois pas les deux régions à leur moyenne 2021-2025 : le Bordelais resterait 11 % en dessous et le Languedoc-Roussillon 8 % en dessous.
Points métiers - RestOptima
- Une estimation de récolte renseigne sur un volume produit, mais ne permet pas à elle seule de déduire la qualité du vin : en Alsace et en Champagne, les professionnels évoquent à la fois des volumes faibles et un potentiel qualitatif élevé.
- Une dérogation temporaire au cahier des charges ne constitue pas une modification permanente de la règle de l’appellation : elle concerne spécifiquement la récolte 2026 et certains vins dont le degré alcoolique potentiel est particulièrement élevé.
- Une hausse régionale par rapport à 2025 peut coexister avec une production encore inférieure à la moyenne récente, comme dans le Bordelais et le Languedoc-Roussillon.
LES SOURCES55 sources · 37 médias
Franceinfo
TV5MONDE
- Entre canicule et arrachage, la vendange 2026 estimée à un niveau historiquement bas
- Entre canicule et arrachage, la vendange 2026 recule à un niveau historiquement bas, selon des estimations
- Champagne: une vendange 2026 à haut potentiel et qui pourra dépasser les 13% d'alcool
- Champagne: une vendange à haut potentiel qui pourra dépasser les 13% d'alcool
La Dépêche du Midi
- Les écoliers privés de cantine : la mairie "dépitée et en colère" après des vols et dégradations dans cette commune à l'ouest de Toulouse
- REPORTAGE. "On n'a jamais vendangé du rouge le 2 septembre, c'est une précocité surprenante" : dans le Lot, les viticulteurs récoltent déjà le rouge, une première historique
Nice-Matin
L’Indépendant
France Bleu
- Sécheresse, canicules, arrachages : les vendanges 2026 s'annoncent historiquement faibles dans la plupart des régions
- Champagne : les bouteilles pourront exceptionnellement dépasser les 13 degrés d’alcool pour les vendanges 2026
- Vendanges : des rendements en hausse, un peu "d'espoir" pour les viticulteurs catalans