Le Dossier Hebdo · Édition du 14 septembre 2026

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Carburants — prix à la pompe

Carburants : le SP95-E10 dépasse 2,12 euros, Bercy écarte un plafonnement national

Le SP95-E10 s’établit autour de 2,12 euros le litre et le gazole à 2,30 euros, sur fond de tensions au Moyen-Orient. Après sa réunion avec les distributeurs, le gouvernement maintient sa ligne : pas de baisse générale des taxes ni de plafonnement, mais des aides ciblées pour les ménages et les entreprises les plus exposés.

Les prix des carburants ont continué de grimper en France pendant la semaine du 7 au 13 septembre. Le mercredi 9 septembre, le SP95-E10 se vendait en moyenne 2,124 euros le litre et le gazole 2,292 euros, selon un calcul de l’AFP à partir des données gouvernementales. Le lendemain, le gazole atteignait 2,30 euros en moyenne. Par rapport à la fin février, les deux carburants étaient respectivement 23,5 % et 33,3 % plus chers. Le Brent a dépassé les 100 dollars, puis les 106 dollars, tandis que le trafic maritime et les approvisionnements restaient perturbés par l’extension des tensions au Moyen-Orient et les attaques contre des raffineries russes.

Réunis à Bercy le 9 septembre, les distributeurs n’ont obtenu l’annonce d’aucune nouvelle mesure générale. Le ministère de l’Économie s’est dit défavorable à un plafonnement des prix, estimant que « plafonner, c’est organiser la pénurie », et a écarté une baisse de la fiscalité au nom de la situation des finances publiques. Le gouvernement privilégie des aides ciblées, pour un montant global annoncé de 1,4 milliard d’euros, tout en affirmant qu’il n’existe pas de risque national d’approvisionnement. La consommation de carburant a déjà reculé de 5,5 % en moyenne sous l’effet de la hausse des prix.

Les tensions sur le pétrole et le raffinage entretiennent la hausse

La flambée des prix à la pompe ne résulte pas d’un seul facteur. Le blocage du détroit d’Ormuz, les attaques contre des raffineries russes, la hausse des marges de raffinage et le niveau limité des stocks sont cités parmi les éléments qui alimentent la tension sur les produits raffinés. Le gazole, particulièrement sensible aux perturbations internationales, a franchi la barre des 2,30 euros le litre en France. Plusieurs analystes ne s’attendent pas à une décrue rapide, tandis que le gouvernement prévient que la crise est loin d’être terminée.

Les distributeurs divergent sur le plafonnement des prix

La réunion organisée par Roland Lescure avec les distributeurs devait faire le point sur les prix et le niveau des marges. Michel-Édouard Leclerc a jugé un plafonnement des prix « inéluctable » si la hausse se prolonge. Francis Pousse, président de la branche stations-service de Mobilians, l’a au contraire qualifié d’« arbitraire », estimant qu’il pourrait conduire certaines stations à vendre à perte et à fermer. Le patron de Coopérative U, Dominique Schelcher, a demandé aux raffineurs de faire un effort, alors que des responsables politiques accusent la filière de profiter de la crise.

Le plafonnement de TotalEnergies provoque des ruptures localisées

Le plafonnement annoncé par TotalEnergies a attiré un afflux d’automobilistes dans ses stations, où l’écart pouvait atteindre 6,55 euros sur un plein. Cette fréquentation a provoqué des tensions logistiques et des ruptures dans plusieurs zones, notamment en Île-de-France et dans l’Ouest. En Corse, des pompistes indépendants ont fermé une quinzaine de stations pour dénoncer une concurrence jugée déloyale, tandis que les stations Total d’Ajaccio étaient prises d’assaut. Ces difficultés locales ne constituent pas, à ce stade, une pénurie nationale : Bercy a assuré que l’approvisionnement des stations restait disponible à l’échelle du pays.

Les aides ciblées sont maintenues malgré les appels à baisser les taxes

Bercy refuse pour l’instant une baisse générale de la fiscalité ou un plafonnement national. Le gouvernement met en avant des aides destinées aux ménages et aux entreprises les plus exposés, dont l’indemnité carburant pour les « grands rouleurs ». Selon Maud Bregeon, 1,5 million de personnes éligibles n’avaient pas encore réclamé l’aide de 100 euros au 11 septembre. La prolongation de ce dispositif a toutefois entraîné un doublement, voire un triplement, des demandes quotidiennes ces derniers jours.

Points métiers - RestOptima

  • Le prix payé à la pompe réagit aux cours du pétrole, aux produits raffinés, aux marges et à la fiscalité : une évolution du baril ne se traduit donc pas par un effet identique et immédiat pour chaque entreprise.
  • Pour les professionnels qui utilisent des véhicules, la baisse de consommation observée au niveau national signale une adaptation à la hausse des prix, mais elle ne permet pas à elle seule de mesurer l’effet sur les coûts ou le résultat de chaque activité.
LES SOURCES195 sources · 30 médias

Le Figaro

Franceinfo

Le Parisien

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La Dépêche du Midi

Midi Libre

La Montagne

Le Monde

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20 Minutes

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RFI

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La Libre

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