Le Dossier Hebdo · Édition du 7 septembre 2026

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Agriculture et approvisionnements

Sécheresse : le manque de fourrage fragilise les élevages et les filières alimentaires

Après un été marqué par des canicules répétées et une sécheresse inédite, les rendements agricoles chutent et les stocks de fourrage s’amenuisent. Plusieurs appellations fromagères assouplissent temporairement leurs règles de production, tandis que le gouvernement a annoncé un plan d’urgence de plus d’un milliard d’euros.

La sécheresse a réduit les rendements et asséché les prairies dans plusieurs régions françaises. Les éleveurs puisent plus tôt que prévu dans leurs stocks d’hiver et doivent parfois acheter du fourrage à des prix en hausse. Certains ont déjà envoyé des animaux à l’abattoir pour préserver leur trésorerie ou faute de pouvoir les nourrir. La Fédération nationale bovine et son équivalent pour les ovins redoutent une réduction du cheptel, tandis que la production agricole française pourrait reculer de 8 % en 2026. Selon la Direction générale du Trésor et l’Insee, les canicules et la sécheresse ont déjà amputé la croissance de 0,1 point de PIB.

Les semis d’automne et l’alimentation des troupeaux deviennent urgents. Les organisations agricoles jugent nécessaire le plan d’urgence présenté par le gouvernement le 4 septembre, tout en réclamant des mesures plus importantes.

Le gouvernement annonce 14 mesures et un fonds de 235 millions d’euros

Annoncé après plusieurs jours de report, le plan d’urgence présenté par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard comporte 14 mesures. Elles doivent accélérer les indemnisations, financer l’achat de fourrage et de semences, prolonger l’aide au carburant et alléger certaines charges fiscales et sociales. Un fonds de réarmement agricole de 235 millions d’euros a également été annoncé.

La FNSEA estime que les aides doivent maintenant renforcer les trésoreries et permettre de relancer la production pour 2027. Son secrétaire général, Hervé Lapie, demande aussi la réouverture de négociations commerciales sur certains produits. Les syndicats agricoles avaient vivement contesté le report initial du plan, jugeant que les éleveurs ne pouvaient pas attendre pour acheter du fourrage ou préparer les semis.

Faute de fourrage, des éleveurs réduisent leurs troupeaux pour tenir l’hiver

La baisse de la production de foin oblige des éleveurs à consommer leurs réserves plus tôt que prévu, alors que les stocks doivent encore couvrir l’hiver. Dans plusieurs territoires, le manque de fourrage et la hausse de son prix dégradent directement les trésoreries. Des exploitants ont vendu des animaux en bonne santé pour financer l’alimentation du troupeau ; d’autres redoutent de devoir arrêter leur activité.

Dans le Maine-et-Loire, la production laitière et les récoltes de maïs ont reculé. Dans le Rhône, un agriculteur explique devoir arbitrer entre vendre ses récoltes pour obtenir de la trésorerie et les conserver pour nourrir ses bêtes. Les organisations d’éleveurs alertent sur le risque d’une diminution du cheptel français.

Trois arrêtés assouplissent les règles de plusieurs fromages AOP

Après le comté, le beaufort et l’abondance, les producteurs de reblochon, de cantal et de fourme d’Ambert ont obtenu un assouplissement temporaire de leurs cahiers des charges. Trois arrêtés publiés au Journal officiel le 1er septembre autorisent des adaptations aux conditions habituelles d’alimentation des troupeaux, les pâturages ayant été fortement touchés par la sécheresse.

Pour la fourme d’Ambert, jusqu’à 20 % du foin pourra venir de l’extérieur. Le syndicat de l’appellation estime que cette possibilité évite de réduire les effectifs faute de pouvoir acheter suffisamment de fourrage. Au total, une quarantaine d’appellations ont demandé des dérogations temporaires, et certaines réfléchissent désormais à faire évoluer durablement leurs règles face à la répétition des épisodes de chaleur et de sécheresse.

Bonduelle demande une hausse rapide des prix après le recul des récoltes

La crise agricole atteint aussi les filières des légumes en conserve et surgelés. Bonduelle fait état d’une baisse pouvant aller jusqu’à 20 % de sa production et réclame une augmentation rapide des prix. Son dirigeant évoque une hausse de 4 à 5 centimes par repas afin de tenir compte du recul des récoltes et d’aider les producteurs.

Dans le maraîchage, un exploitant cité par Franceinfo dit avoir perdu près de 40 % de sa production et 50 000 euros. Les fruits et légumes présentent également des calibres plus petits, tandis que les rendements de certaines cultures ont fortement diminué, avec une baisse de 30 % évoquée pour la salade. Ces demandes de revalorisation interviennent alors que les coopératives et les industriels de l’alimentaire souhaitent eux aussi être soutenus face à la hausse de leurs coûts.

Points métiers - RestOptima

  • Prix du fourrage acheté et niveau des stocks disponibles pour l’alimentation animale.
  • Origine du foin, conditions d’approvisionnement et éventuel recours à des achats extérieurs.
  • Écart entre les rendements annoncés dans les filières et les disponibilités réellement proposées par les fournisseurs.
  • Pour les produits transformés : volumes disponibles, évolution des coûts d’achat et répercussion demandée dans les négociations commerciales.
LES SOURCES63 sources · 23 médias

Le Progrès

France Bleu

HuffPost France

Franceinfo

BFMTV

La Montagne

La 1ère

Le Monde

Le Parisien

L’Humanité

TV5MONDE

Public Sénat

Ouest-France

La Dépêche du Midi

Le Dauphiné Libéré

L’Est Républicain

RMC

RTS

Le Figaro

Libération

Le Nouvel Obs

DNA

L’Alsace

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