Le Dossier Hebdo · Édition du 7 septembre 2026
Retour au DossierFruits, légumes et pommes de terre
Chaleur et sécheresse réduisent les récoltes et renchérissent certains produits
Après un été marqué par des températures extrêmes, les producteurs signalent des rendements en baisse, des calibres plus petits et des pertes parfois importantes. Les prix de plusieurs fruits et légumes augmentent déjà, tandis que les distributeurs et les marchés s’adaptent à une offre moins régulière.
Les épisodes de chaleur, de sécheresse et de grêle ont dégradé les récoltes de fruits, de légumes et de pommes de terre en France. Dans plusieurs exploitations, les produits sont plus petits, moins nombreux ou ne répondent plus aux critères esthétiques habituels. En Normandie, la récolte des pommes et des poires a commencé plusieurs semaines plus tôt ; dans le Rhône, des producteurs évoquent des pommes brûlées et des pêches moins grosses.
Les premiers effets se voient sur les marchés : les prix des fruits et légumes ont augmenté d’environ 13 % durant l’été, avec des tomates annoncées à près de 8 euros le kilo et des salades à près de 2 euros l’unité dans certains cas. Thierry Cotillard, président du groupement Les Mousquetaires, estime que les aléas climatiques pourraient raviver l’inflation alimentaire à moyen terme. Michel-Édouard Leclerc a, lui, déclaré qu’il n’y aurait pas de « grosse inflation » dans ses magasins et assuré qu’il rognerait sur ses marges pour maintenir des prix stables.
À Rungis, les rendements baissent et les importations progressent
Au marché de Rungis, les fortes chaleurs et le manque de pluie ont réduit les rendements et la taille de certains fruits et légumes. Des producteurs font état de pertes très importantes sur certaines variétés. Pour maintenir l’approvisionnement, grossistes et primeurs s’adaptent entre recours aux importations, évolution des prix et disponibilité plus irrégulière.
Les pommes de terre cumulent petits calibres et rendements en baisse
La sécheresse a particulièrement touché les producteurs de pommes de terre destinées aux frites. Les calibres sont plus petits et les rendements plus faibles, au point que des professionnels prévoient des frites plus courtes cette année. En Suisse, les vagues de chaleur ont entraîné une baisse de 20 % de la récolte, compensée par l’importation de 130 000 tonnes de pommes de terre.
Les producteurs préparent les négociations sur leurs prix
La baisse des rendements intervient alors que certains prix de vente avaient été fixés avant l’été. La richesse créée par l’agriculture devrait reculer de 8 %, selon une estimation rapportée le 2 septembre. Des producteurs et des agriculteurs souhaitent donc anticiper les négociations avec la grande distribution, normalement prévues le 1er décembre. Dans l’industrie agroalimentaire, la réduction des volumes de légumes et de blé alimente également des demandes de hausse, évaluées à un ou deux centimes sur certains produits comme les pâtes.
Les produits moins calibrés trouvent un débouché dans l’antigaspi
L’afflux de fruits et légumes plus petits ou moins réguliers profite aux épiceries et aux applications spécialisées dans l’antigaspillage. Ces produits attirent davantage de clients et poussent la grande distribution à revoir certains standards esthétiques. En Belgique, la question de l’acceptation de ces calibres et de ces aspects moins uniformes reste encore ouverte.
Points métiers - RestOptima
- Prix réellement facturés pour les fruits, légumes et pommes de terre, en regard des évolutions de marché signalées.
- Disponibilité, origine, calibre et aspect des produits proposés par les fournisseurs, plutôt qu’un seul indicateur de prix.
- Part des pertes, des substitutions et des variations de prix dans les achats de l’établissement, sur des périodes comparables.
LES SOURCES38 sources · 17 médias
Die Zeit
Franceinfo
- Sécheresse : pourquoi les pommes de Normandie seront plus sucrées mais peut-être chères cette année
- "Sur certaines variétés, on est à 100% de perte" : au marché de Rungis, les effets de l’été caniculaire se font sentir
- Après la sécheresse, producteurs et agriculteurs veulent augmenter leurs prix
- Face à la sécheresse, de nouvelles cultures arrivent dans nos champs
- Avec la sécheresse, la récolte de maïs s'effondre en Europe, de la Hongrie à la France
- Canicules : après les vagues de chaleur, les agriculteurs déplorent leurs pertes
BFMTV
- "C'est le retour des fruits et des légumes moches": face à la chute de la production de tomates ou de salades, le patron d'Intermarché appelle les Français à être "solidaires des agriculteurs français"
- "Un, deux ou trois centimes sur les pâtes": moins de légumes et de blé à cause de la sécheresse, l'industrie agroalimentaire veut des hausses de prix
- "Il n'y aura pas une grosse inflation": malgré l'été caniculaire, Michel-Édouard Leclerc prédit des prix stables (il assure qu'il va rogner sur ses marges)
- Sécheresse: "C'est la catastrophe", assure Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, au sujet des récoltes de fruits et légumes
- Pouvoir d'achat: les produits frais ont augmenté de 5,8% en un an
- Sur les marchés, les prix des fruits et légumes augmentent
Le Progrès
- Décryptage. Fruits et légumes : après un été caniculaire, des rayons vides dans les supermarchés ?
- Consommation. Tomates, salades, lait, viande... Le patron d'Intermarché alerte sur le retour de l'inflation
- Rhône. Pommes brûlées, pêches moins grosses : les producteurs de fruits sinistrés par les canicules
Le Dauphiné Libéré
L’Est Républicain
Le Républicain Lorrain
Vosges Matin
L’Alsace
- Décryptage. Fruits et légumes : après un été caniculaire, des rayons vides dans les supermarchés ?
- Consommation. Lait, tomates, salades... Le patron d'Intermarché fait le point sur les prix et les pénuries
- Consommation. Fruits et légumes : l'afflux de produits « moches » fait les affaires des enseignes antigaspi